le concept

de désistance

La désistance désigne le processus menant à l’arrêt d’un parcours de délinquance, de criminalité ou d’addiction.

Les recherches en criminologie montrent que tout individu engagé dans une carrière de criminalité ou de délinquance aura tendance à sortir, un jour ou l’autre, de ce parcours déviant.

Pour les jeunes concernés, le but est donc de les amener le plus tôt possible vers une possible désistance, afin de minimiser autant que faire se peut les effets néfastes de leurs pratiques sur leur vie sociale, professionnelle et psychologique future.

Il n’existe pas, à ce jour, d’intervention type orientée vers la désistance tant son déroulement varie d’un individu à un autre.

De ce fait, Stage Nature ne prétend pas proposer un « programme de désistance » aux jeunes qu’il accueille mais plutôt une aventure dont l’un des objectifs principaux est de soutenir le processus de désistance. Celle-ci constitue un phénomène multidimensionnel et s’appréhende nécessairement à l’interface de facteurs individuels, relationnels et sociaux.

Deux chercheuses suisses en criminologie (Stoll & Jendly, 2018) ont récemment fait un état des lieux de la recherche sur ce sujet et ont identifié plusieurs leviers principaux participant activement au travail de désistance :

Sur le versant individuel :

La capacité à agir sur sa vie, à prendre des décisions conscientes et réfléchies, la motivation, l’espoir et l’optimisme sont des éléments centraux et catalyseurs de la désistance. S’ajoute à cela l’importance d’un regard positif de l’entourage sur le jeune : « on commence à croire que l’on est capable de changer de vie lorsque notre entourage pense qu’on le peut » (Maruna, 2012) ;

Du côté des relations :

Il est primordial pour le jeune en désistance de s’engager dans un travail de solidification de ses réseaux, qu’ils soient formels ou informels. La construction de relations sociales saines – dites « prosociales » – ainsi qu’une restauration des relations préexistantes, avec la famille ou avec un partenaire, permettent au jeune de consolider son parcours en rendant ses proches témoins et ainsi acteurs de son changement ;

Au niveau social :

L’objectif principal est de permettre au jeune de réinvestir sa communauté tout en lui évitant de porter avec lui le poids d’une stigmatisation. Le jeune doit s’armer d’outils qui lui permettront de renforcer ses liens ainsi que la confiance et la reconnaissance de la société envers lui.

La recherche scientifique montre également les bénéfices des formes de reconnaissance symboliques du retour dans la société, comme les « certificats de réhabilitation » ou les « prononcés judiciaires solennels ».

Finalement, il existerait un facteur pratique essentiel et indispensable à la réussite du travail de désistance, quel que soit le type d’intervention menée : il s’agit des qualités humaines des professionnels encadrant le jeune.

Ces derniers doivent faire preuve de confiance, de transparence, d’ouverture d’esprit, de chaleur et d’un véritable sens de l’humour (McNeill, 2009). De plus, la relation entre les jeunes et leurs encadrants doit être active, participative, engagée et engageante, encouragée et encourageante (Rex, 2000). Autant de qualités faisant partie de la philosophie et de l’atmosphère mêmes de Stage Nature. 

D’une certaine manière, le changement d’orientation que représente la désistance, par les conditions qu’il requiert, peut être rapproché de la « résilience » chère à Cyrulnik (2009) : il implique en effet à la fois une prise de conscience personnelle – celle d’être dans une impasse, que celle-ci résulte d’un traumatisme ou pas –, une décision – celle de se relever et de se réorienter – et la conviction de disposer des ressources nécessaires pour y parvenir – que celles-ci soient intérieures ou extérieures.

Les membres de l’équipe de Stage Nature sont ainsi disponibles, chacun avec ses compétences propres, pour soutenir le jeune à chaque étape de ce cheminement.